Les enjeux pour Eurosud
Les projets de lignes ferroviaires à grande vitesse du Sud-ouest français : Une segmentation des différents tronçons, pour une logique de réseau global
Les différents projets de lignes à grande vitesse du Sud-ouest français recouvrent des enjeux locaux (urbains et régionaux), nationaux et internationaux. En effet, ces projets ont pour finalité « d’assurer la continuité du réseau » entre le Sud et le Nord de l’Europe, entre l’Espagne et la France, et de désenclaver le Sud-ouest français qui reste pour le moment encore, dépourvu de lignes ferroviaires à grande vitesse.A ce titre, il est prévu la réalisation de plusieurs lignes qui, si elles s’inscrivent dans une logique commune de développement et de densification du réseau ferroviaire à grande vitesse, s’insèrent toutefois au sein de projets segmentés et ne bénéficient pas toutes des mêmes volontés d’aménagement. Chaque tronçon sera mis en service plus ou moins rapidement en fonction de l’avancement de chacun d’entre eux.
Les tronçons concernant directement la réalisation du réseau ferroviaire à grande vitesse du Sud-ouest français sont les suivants : Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. Ces deux lignes bénéficient d’un tronc commun jusqu’à Captieux (Gironde). Elles s’inscrivent au sein des « Grands Projets du Sud-ouest » aux côtés de projets complémentaires que sont l’aménagement des infrastructures existantes (Bordeaux-Arcachon et Bordeaux-Hendaye) et l’amélioration de la desserte du Béarn et de la Bigorre.
Les « Grands Projets du Sud-ouest » ou GPSO font partie du projet global LGV « Sud Europe Atlantique » (LGV SEA) défini, depuis la déclaration d'intention du 25 janvier 2007, comme un ensemble cohérent composé de trois branches : Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, auquel a été ajoutée la branche Poitiers-Limoges.
Le futur réseau ferroviaire du Sud-ouest se développera également vers l’Est, toujours dans une logique de continuité. Ainsi, l’axe Bordeaux-Narbonne est scindé en deux parties avec la ligne Bordeaux-Toulouse d’une part et le tronçon Toulouse-Narbonne d’autre part. Ce dernier tronçon sera lui-même relié au futur axe Nîmes-Montpellier-Perpignan-Figueras (Espagne) qui reste à ce jour un chaînon manquant au sein de l’arc méditerranéen. Ce dernier va également être prolongé vers l’Est et l’Italie avec la construction à venir de la LGV PACA entre Marseille et Nice. Enfin, à ces projets, s’ajoute également la Traversée Centrale des Pyrénées (TCP) qui assurera potentiellement, comme son nom l’indique, une liaison transpyrénéenne à grande capacité fret entre Toulouse et Saragosse et le sud de la péninsule ibérique, voire au delà, le Maghreb dans une perspective d'interconnexion fer-mer.
Ces différents projets, corrélés à un important développement du réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol, conduiront dans les prochaines décennies à une profonde modification de la géographie du Sud-ouest français et européen. Les nouvelles LGV devront être autant de maillons structurants d’un réseau global, où les gares et les points d’intermodalité seront l’élément fondamental de connexion des réseaux européens, nationaux, régionaux, interurbains et urbains. Dès lors, le Sud-ouest français et européen sera au cœur d’un vaste projet global qui dépasse très largement les limites administratives classiques des Etats et des collectivités territoriales.





