Nouvel axe transpyrénéen

PRESENTATION :

Le projet de nouvel axe ferroviaire transpyrénéen également dénommé Traversée Centrale des Pyrénées  (TCP) ou Nouvelle Traversée des Pyrénées (NTP) est un projet qui appartient au réseau global identifié par l’Union Européenne dans le cadre des Réseaux Transeuropéens de Transport (RTE-T). Il s’agit d’un tunnel ferroviaire de basse altitude à grande capacité, situé dans les Pyrénées centrales et d’une longueur d’environ 40 kilomètres.

Ce tunnel permettrait d’acheminer des trains de marchandises, de voyageurs, mais aussi des camions, automobiles et cars de tourisme sur des trains-navettes (ferroutage) à l’instar des grands tunnels suisses ou du tunnel sous la Manche.

Enjeu 1 : La relation France - Espagne 

La France et l’Espagne sont deux pays dont les économies sont très liées depuis des décennies. Même si la crise de 2008 a profondément perturbé ces échanges, la France est restée en 2013 le 2ème fournisseur de l’Espagne derrière l’Allemagne et son premier client, tandis que l’Espagne est le 5ème client et 6ème fournisseur de la France en 2013. Le tourisme constitue également un facteur majeur de coopération.

Ces échanges économiques génèrent depuis des décennies des flux de marchandises et de personnes parmi les plus importants d’Europe. Ainsi en 2011, on dénombre 113 millions de voyageurs entre la péninsule ibérique et la France, dont 84% circulent par la route. Ce sont 21 000 véhicules par jour sur l’A9 au Perthus auxquels s’ajoutent 10 000 véhicules sur les RN 114 et RN 9. S’y ajoutent également les flux générés par l’Andorre (20 000 véhicules par jour).

Concernant les marchandises, en 2011, 60 millions de tonnes ont circulé entre la péninsule ibérique et la France, dont 81% par la route, 17% par la mer et 2% par le fer. Ainsi, l’A9 au Boulou a vu passer 9 300 poids lourds par jour cette même année.

Il faut souligner que les régions du sud de la France ne bénéficient pas pleinement de ces relations économiques importantes et servent essentiellement de territoires de transit aux flux générés. On peut citer pour exemple le contournement routier de Montpellier qui affiche des pointes à 20 000 poids lourds par jour. A noter également la stagnation, voire le déclin du mode ferroviaire dans ces échanges, tant pour les voyageurs que pour les marchandises et ce malgré la mise à écartement européen partielle du réseau espagnol et la mise en service du tunnel international au Perthus, dont le concessionnaire TP Ferro reste très éloigné des objectifs initiaux.

Enjeu 2 : la perméabilisation des Pyrénées :

500km sans voie de communication moderne entre la France et l’Espagne. Par comparaison dans tout l’arc alpin, on compte en moyenne un accès autoroutier ou ferroviaire moderne tous les 50 km.

Un trafic énorme, en hausse constante et concentré sur les 2 passages côtiers où sont concentrées les infrastructures ferroviaires et routières.

Enjeu 3 : le report modal :

Pour les marchandises et encore plus pour les voyageurs, ce sont les modes de transport les moins respectueux de l’environnement qui prédominent largement : la route et l’air. Le ferroviaire est actuellement handicapé avec un écartement des voies ferrées différent entre les deux pays.

Le projet de TCP est destiné prioritairement à permettre un report modal conséquent de la route vers le rail, la croissance des échanges routiers dans le massif pyrénéen étant devenu incompatible avec les objectifs de développement durable et les deux autoroutes côtières proches de la saturation.

6 millions de poids lourds traversent les Pyrénées chaque année, soit deux fois plus que dans les Alpes françaises. De 2000 à 2005, les flux de camions ont progressé de + 3,5% par an sur chaque autoroute côtière, soit 21% d’augmentation en 6 ans. Malgré une baisse sensible en 2008, 8 900 PL circulent chaque jour sur chaque autoroute soit près de 20 000 PL par jour auxquels s’ajoutent 38 000 véhicules légers.

Aujourd’hui la part du fer dans les échanges transpyrénéens est de 1% contre 37% dans l’Arc Alpin et 50% de ces camions sont en transit sur le territoire français, n’apportant aucune retombée économique sur notre territoire.

Les lignes nouvelles prévues sur les côtes méditerranéenne et atlantique seront à priorité voyageurs et n’offriront que peu de sillons fret. La TCP viendra compléter ces réalisations, elle est envisagée à priorité fret avec des sillons voyageurs.